Stage photo à Nantes — ce qui a existé, ce qui existe maintenant

Cinq personnes ont traversé ce studio autrement qu'en tant que clients. Laura, Camille, Lau, Lilian et Léo. Certains sont restés des semaines. D'autres des mois. Aucun n'a vécu la même chose — parce que ce qui se transmettait ici n'était pas un programme. C'était une manière d'être devant quelqu'un avec un appareil photo.

Ce format n'existe plus. Ce qui a été transmis continue autrement.

Ce qui s'est passé ici

Pas de la formation. De l'immersion. La personne arrivait avec ce qu'elle savait — ses références, ses habitudes, ses certitudes visuelles. Et le travail consistait à défaire tout ça. Non pas pour reconstruire à ma manière — pour qu'elle trouve la sienne. Le studio devenait un espace de désapprentissage. Ce qu'on retire compte plus que ce qu'on ajoute.

La plupart des stages en photographie enseignent à reproduire. Ici, le seul objectif était d'apprendre à voir — sans filtre, sans réflexe, sans la couche de ce qu'on croit savoir sur ce qui est beau ou correct. Voir ce qui est là. Pas ce qu'on voudrait y trouver.

Ce qui comptait

La qualité de la rencontre entre le stagiaire et les gens qu'il photographiait. Pas la qualité de ses fichiers. Un stagiaire qui revenait avec des images médiocres mais qui avait réellement regardé la personne en face de lui avait mieux travaillé qu'un stagiaire qui revenait avec des images propres sans avoir rien vu.

La capacité à rester dans l'inconfort. À montrer un travail dont on n'est pas sûr. À dire "je ne sais pas ce que ça vaut mais c'est ce que j'ai vu" et à tenir cette position sans chercher la validation. Le studio n'était pas un lieu sécurisant. C'était un lieu honnête.

Le rapport au temps. Savoir quand s'arrêter. Savoir quand ne pas déclencher. Comprendre que l'image la plus forte d'une séance est parfois celle qu'on n'a pas prise — parce qu'on a choisi d'être présent plutôt que de capturer. Ça ne s'enseigne pas. Ça se vit jusqu'à ce que le corps l'intègre.

Et la lucidité sur ses propres limites. Sur les jours où l'énergie n'est pas là et où il vaut mieux ne pas photographier du tout plutôt que de produire par habitude. Sur la différence entre travailler et s'occuper. Sur le courage de ne rien faire quand rien ne mérite d'être fait.

Pourquoi ça s'est arrêté

Ce niveau d'immersion demande une présence totale. Pas une présence de superviseur qui jette un œil entre deux séances — une présence de quelqu'un qui regarde comment tu regardes, qui questionne ce que tu ne questionnes pas, qui te renvoie à toi-même quand tu essaies de fuir dans la technique. C'est épuisant. Et c'est incompatible avec le rythme que le studio demande pour produire son propre travail.

Le choix n'a pas été entre transmettre et ne pas transmettre. Il a été entre un format qui consomme l'énergie du studio et un format qui la respecte.

Masterclass

La transmission existe toujours. Elle a changé de cadre. Ce qui se faisait en immersion individuelle se fait aujourd'hui en intervention collective — en école d'art, en programme de formation, dans les espaces où des photographes en construction ont besoin d'un regard extérieur qui ne vient pas du circuit académique.

Le format est court. Dense. Sans filet. Un groupe dans une pièce. Des images sur la table. Et des questions que personne ne pose dans un cours classique — pas "comment tu as fait cette photo" mais "pourquoi tu l'as faite" et "qu'est-ce que tu fuyais en la cadrant comme ça." La friction d'un groupe produit quelque chose que le duo ne produit pas — l'impossibilité de se cacher derrière la relation privilégiée avec le mentor. Dans un groupe, ton travail parle tout seul. Et il dit la vérité.

Établissements

Si vous êtes une école d'art, un programme de formation ou un lieu d'enseignement et que cette approche résonne avec ce que vous cherchez pour vos étudiants — l'échange commence par écrit. Ce que je propose n'est pas un module technique. C'est une intervention sur le regard. Si c'est ce dont votre programme a besoin, on en parle.

Et si tu veux quand même écrire

Le stage individuel est fermé. Mais je ne contrôle pas les rencontres. Si tu as lu cette page jusqu'ici et que quelque chose te dit que ce studio est l'endroit où ton regard pourrait changer de nature — envoie-moi un message sur Instagram. Pas un CV. Pas une lettre type. Un DM. Dis-moi ce que tu photographies en ce moment, ce qui te frustre dans ton travail, et ce que tu cherches sans réussir à le formuler.

Je dirai probablement non. Mais je lirai.

« Il sait voir les personnes qu'il rencontre. J'ai vécu cette expérience comme une réelle poussée de croissance professionnelle. Je me sens plus ancrée et impatiente de découvrir la suite de mon histoire. »
— Laura Q.

Laura, Camille, Lau, Lilian, Léo. Merci pour tout.

Photographe Nantes | YACHOKI — Portrait, Studio & Creative Direction