Vous n'avez pas à regarder l'objectif
Vous cherchez un photographe de portrait à Nantes, et ce n'est sans doute pas tout à fait par hasard que cela vous arrive maintenant. Quelque chose s'est déplacé : une voie nouvelle que vous prenez, une période longue qui se referme derrière vous, ou rien de particulier, seulement le sentiment que c'est le bon moment. Vos dernières photos datent d'il y a des années ; ou bien elles sont récentes, et vous ne vous y retrouvez pas.
Peut-être vous trouvez-vous tout sauf photogénique, peut-être détestez-vous une photo de vous à peine l'avez-vous vue, et n'avez-vous, au fond, aucune idée de ce que vous voulez, ni de ce qui est possible. Ce n'est pas une mauvaise manière d'arriver. On n'a pas besoin de savoir ce que l'on cherche pour le chercher.
Ce que l'on attend alors, je crois, n'est ni une image flatteuse ni une image neuve, mais une image où l'on se reconnaît, à l'endroit exact de sa vie où l'on se tient : ce côté fort que les autres connaissent de vous, et l'autre part, plus en retrait, qu'ils ne voient guère et que vous-même ne voyez plus. Il est permis aussi de vouloir être à son avantage, de chercher le bon angle, de s'affirmer enfin ; je le cherche avec vous, et ce n'est pas une ambition moindre.
Je sais ce que c'est que de ne pas aimer son image. Ceux qui détestent être photographiés sont d'ailleurs souvent, après coup, ceux qui m'envoient quelqu'un. La gêne, je ne la fais pas taire d'un mot ; elle est là, elle compte, et c'est avec elle que l'on travaille.
Chez moi, vous n'avez pas à regarder l'objectif. Je vous dis où poser les yeux, où aller, comment laisser retomber les épaules, et l'on avance petit à petit, comme on approche d'une rive dont on ne voit pas encore très bien les contours, sans qu'il soit rien exigé de vous d'emblée, sinon d'être là. Quand la réticence est forte, il arrive que l'on commence par une séance d'essai ; ce n'est pas la règle, c'est une porte qui reste ouverte.
Je parle beaucoup pendant la séance, de tout et d'autre chose, par curiosité plus que par méthode. Il m'arrive de lancer une phrase un peu de travers, à laquelle on ne s'attendait pas ; c'est la réaction qu'elle provoque, ce bref instant où le visage oublie qu'il pose, que je photographie, et c'est souvent elle que l'on garde.
Avant la séance, et pendant, je pose des questions. Elles reviennent, parfois sous une autre forme, parce qu'une réponse en appelle une autre, et qu'un visage reste longtemps pour moi une question ouverte. Je ne les écris pas ici : elles ne valent que posées à quelqu'un. Il m'arrive de revenir sur les images des jours plus tard, pour comprendre ce qui m'avait échappé chez la personne, ce que la séance avait laissé passer sans que je le voie tout de suite.
Les images que je garde laissent souvent une part à celui qui les regarde : une lumière qui ne dit pas tout, un contour qui se fond dans l'ombre, quelque chose qui reste en suspens comme une phrase qu'on n'a pas achevée.
Après la séance, je retire les images ratées. Vous mettez de côté, dans une galerie privée, celles que vous préférez ; c'est parmi elles que je fais la sélection finale. Ce qui reste est donc passé par vos yeux avant de repasser par les miens. Vous recevez les fichiers, un tirage choisi avec moi, et une lettre.
Un portrait ne répare rien, et je ne vous promettrai pas de vous changer. Il montre où vous en êtes, ce jour-là, avec ce que vous avez laissé paraître. Une personne m'a écrit, quelque temps après, qu'elle s'était sentie grandie, avec une force qu'elle ne se connaissait pas. Je ne le lui avais pas promis ; je le rapporte tel qu'elle me l'a dit.
Les toutes premières questions, c'est le formulaire qui les pose. Il vous demande d'abord pour qui est ce portrait ; puis ce qui se passe en ce moment dans votre vie et, si vous le souhaitez, ce que vous aimeriez qu'on voie de vous ; enfin, de quoi vous répondre. Si c'est pour l'offrir, une autre page en parle.
Je lis chaque demande moi-même, puis je reviens vers vous : par un appel si ce que vous cherchez et ce que je fais se rejoignent, sinon par un message écrit.
Ce qui s'est déplacé dans votre vie n'a pas besoin d'être bien dit pour être entendu.