À PROPOS




Mon rêve d'enfant était celui-là — photographe. Une phrase l'a détourné : "Trouve-toi un vrai métier." Alors j'ai cherché. Steward, chef de cabine, hôte de bord VVIP en aviation d'affaires. Des années en transit permanent, à servir dans le silence, à observer des visages dans des fuseaux horaires que personne ne connaît.






L'appareil n'a jamais quitté mon bagage. Chaque destination était un prétexte. Chaque lumière étrangère nourrissait quelque chose qui n'avait pas encore de forme. Ce qui est devenu clair, avec le temps — le regard ne s'apprend pas dans une école. Le mien s'est construit dans les terminaux, les salles d'embarquement, les visages croisés à contre-jour. Dans tous les endroits où personne ne regarde.






Le jour où j'ai posé mes valises, ce n'était pas un changement de carrière. C'était un retour. Le métier que je fais aujourd'hui est celui que j'ai toujours fait — observer les gens. La seule différence, c'est que maintenant j'en fais des images.







Un studio permanent à Nantes. Un lieu construit pour un seul travail — voir les gens et les photographier. La lumière y est pensée. L'atmosphère y est cultivée. Chaque détail est le prolongement d'une manière de travailler qui ne fonctionne nulle part ailleurs que dans cet espace. C'est ici que le temps s'arrête — alors qu'avant, je passais ma vie à courir après lui.






Des personnes, toujours — le format change. Le sujet ne change pas. Ce qui m'intéresse dans chaque situation, c'est ce qui est vrai chez la personne en face. Ce qu'elle porte sans le montrer. Ce qui existe entre deux personnes qui se connaissent depuis toujours. Ce qui reste d'un visage quand on arrête de le contrôler. Chaque séance commence bien avant le studio — par un échange, un temps pour comprendre ce qui amène la personne, ce qu'elle traverse.
Ce temps n'est pas un luxe. C'est la condition pour que le travail ait du sens.




chaque être humain
mérite d'être vu dans sa vérité,
au moins une fois,
par quelqu'un
dont le regard n'est pas pollué
par ce qu'il croit être.



Il y a des choses que je ne montre pas. Des images qui restent. Des passages qui n'appartiennent qu'à ceux qui les ont vécus.






Ce qui ne se voit pas ici n'est pas absent — il est gardé.







La relation précède toujours l'image. Ce qui se passe ensuite, dans le studio, ne se raconte pas sur une page. Ça se vit.

YACHOKI — STUDIO · SHOOTING · NANTES