Un savoir-faire, pas un portrait
Photographe pour praticiens du bien-être, thérapeutes et coachs à Nantes
Quand vous me demandez des photos, vous me dites parfois que vous voulez incarner la bienveillance. Je vous écoute. Mais ce mot, je ne sais pas le photographier.
J'ai connu, plus jeune, une praticienne professionnelle mais pas humaine. J'en ai tiré une idée fixe : la compassion ne fait pas sortir du cadre. C'est ce que j'attends des praticiens dont je m'entoure. Humain et professionnel. Pas seulement professionnel.
Pour tenir un métier, on s'est formé. Ce qui compte, c'est ce qu'on en fait, pas le diplôme. Les praticiens, les médecins, les sophrologues que je choisis se reconnaissent moins à ce qu'ils disent d'eux-mêmes qu'à ce que devient la personne qu'ils reçoivent. Ils ne se retrouvent pas dans les galets, le bambou, le zen. La bienveillance réduite à un argument. Leur métier est subtil. Il ne s'explique pas toujours avec des mots.
Certains métiers sont peu connus. Il faut alors montrer un rapport à l'autre. Ce qui se joue entre vous et la personne que vous recevez. Ça touche à l'intimité. Je le montre avec pudeur.
Ce n'est pas des images institutionnelles. Sinon vous ne seriez pas là.
Si cela rencontre ce dont vous avez besoin, je fais l'expérience de tout ou partie de la séance.
Il s'agit de donner une forme à ce qui, généralement, ne se voit pas. Pas du dehors. Psychique. Émotionnel.
La personne que vous recevez a donné son accord. On demande. Je ne cadre pas la tête. Parfois de dos.
Ce n'est pas un portrait LinkedIn. C'est un savoir-faire. Ce qui compte, c'est la pratique dans le lieu, pas le lieu. C'est inclus dans l'accompagnement — une relation suivie, pas une prestation à part.
En pratique — je m'invite en séance, je parle, je capture mieux ce dont j'ai fait l'expérience. Autant d'images qu'il faut, on en discute. Basé à Nantes, je me déplace.
Je pense à Anne Chevalme, praticienne en shiatsu et médiatrice culturelle en langue des signes. Son métier, c'est l'accueil de ce qui ne se voit pas — un handicap peut être invisible. Elle forme les lieux à ne plus l'oublier.
Je pense aussi à Nadia Mercier Jamaï, sophrologue et praticienne en LaHoChi — un soin énergétique. Je l'ai suivie lors d'une séance de groupe, dans une association pour des femmes. Ça m'a renvoyé à l'histoire de mes parents — aidés, à leur arrivée en France. Je capture mieux ce qui me touche.
La douceur, parfois, c'est beaucoup de se voir rappeler que cela existe.