J'arrive le matin
Photographe de mariage à Nantes
Tôt. Le matin. La maison où vous avez dormi, le visage encore un peu endormi. J'arrive.
Rien n'a commencé. Pas les invités, pas l'effervescence, pas la représentation. Le rythme est lent. Une tenue confortable, puis une tenue qui pèse davantage. Je fais connaissance avec l'entourage, peu à peu.
À la mairie, il y a un moment que je n'aime pas. Quand on demande au témoin de regarder l'objectif au moment de signer. Si je déclenche là, l'image ne dit que cela : un témoin a regardé le photographe. Je préfère l'autre instant. Celui où il signe pour ce qu'il est venu faire. Témoigner de votre union.
Ces images sont pour vous. Le couple. Cela doit être consenti.
Je ne suis pas là que pour vous. Il y a l'entourage. Des gens qui se retrouvent le temps d'un jour. Certains après des années. D'autres se croisent, rien de plus.
Je me suis amusé à compter. Un peu plus d'un quart des demandes viennent d'un homme. La mémoire d'un mariage est une affaire de couple. De famille.
Des photos de groupe, on en fait peu avec moi. Elles ont leur rôle, ce n'est pas le mien : on me cherche pour autre chose.
Couleur ou noir et blanc, on tranche avant. Ce choix oriente ma façon de photographier. Pas de flash. Il est intrusif. La vie continue, je la prends comme elle vient.
Je reste jusqu'à l'ouverture du bal. Puis je m'efface, avant que la fête ne devienne un spectacle.
Je photographie autant que c'est juste. Je livre autant que c'est juste. Pas de remplissage, aucun nombre promis. Je promets d'être attentif. C'est tout.
La livraison prend son temps. C'est voulu. La galerie arrive entière, d'un coup, sans aperçu. Un livre est possible ensuite, objet à part, fait plus lentement.
Je travaille seul. À deux pour les très grands mariages, si cela a du sens. Avant le jour, une séance est possible, ou photographier un moment de préparation.
Avant, on se parle. Une visio d'abord, vous deux : c'est une condition. Je présente ce qui est possible. Puis, si quelque chose se noue, on se rencontre — en vrai, ou à distance, où que vous soyez. On parle de vous.