Ce qu'on me confie | Photographe d'événements sur invitation à Nantes — Yachoki

Ce qu'on me confie

Photographe d'événements sur invitation à Nantes

Je pense à la Pride.

Une école d'esthétique, un module animé par des drags. J'y ai fait la connaissance de deux queens de la scène nantaise. Plus tard, elles sont entrées en contact avec moi. Pour m'inviter.

Avant, je n'avais vu la Pride que de l'extérieur.

Elles m'ont convié à leur préparation. Une chambre d'hôtel, réservée pour l'occasion.

Les préparatifs, c'est ce que je préfère. Chacun affairé à ce qu'il a à faire. Une métamorphose qui se fait peu à peu. Une mise en place. Le public n'est pas encore là. Aucune performance.

Ce moment-là ne se refait pas. Une fois passé, il est passé.

Puis, quand elles ont été prêtes, je les ai suivies au village. D'un cocon au monde. À la foule.

Ensuite la marche des fiertés. J'y photographie aussi.

Deux temps, pas un seul. Le dedans, puis le dehors.

Une retraite spirituelle, une autre fois. J'ai été invité à y participer. Logé avec les participants.

À la fin, j'ai proposé un livret photo. Je l'ai conçu, puis envoyé par la poste, à chacun.e.

Quand on me traite aussi bien qu'un invité, j'ai envie de donner plus que ce qui m'est demandé. Je sais ce que ça coûte, de faire en sorte que l'autre se sente bienvenu.

Je ne photographie pas un événement de l'extérieur. Ce qu'on me confie n'a pas encore de forme. Je ne fais que la fixer.

Alors, quand je sens une sincérité, je réponds avec l'image. C'est mon langage à moi.

Un objet, une attention, ça peut rester d'une expérience. Ce n'est pas qu'il en fallait un. J'en ai eu l'envie.

Ce qui reste, au fond, ce n'est pas l'objet. C'est le souvenir de l'attention qu'on a portée à ceux qu'on a invités.